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De nos jours, la méfiance est fréquente dans les relations, mais cela traduit-il un manque de confiance?

Les femmes se méfient des hommes et les hommes des femmes.

Phénomène de société, blessures du passé, peur d’être déçu ou de souffrir à nouveau?

Les explications sont nombreuses car la méfiance est une attitude complexe. Parvenir à en découvrir les motivations sous-jacentes aidera à mettre en perspective les gains qu’elle apporte et à s’en libérer.

Se méfier par manque de confiance

Dernièrement, des amis français me confiaient le climat de méfiance dans lequel beaucoup vivent en France. Les abus deviennent monnaies courantes. Le contexte socio-économique semble inciter les gens à la prudence pour se prémunir des escroqueries.

Manque de confiance en l’autre, à tort ou avec raison, cette prudence peut être utile. A partir du moment où elle aboutit à des réponses concrètes, elle donnera le temps de faire confiance. La prudence invite souvent à la patience, complice d’une décision avisée.

Le manque de confiance, une séquelle d’anciennes blessures?

Toutefois, si les blessures du passé persistent et que la peur de commettre une erreur ou d’être dans l’erreur — sans raisons valables — apparaît, la rancune et la susceptibilité vont s’accumuler. Du fait d’une perception exagérée des situations et des relations, la méfiance engendre facilement et pour longtemps des angoisses, de l’anxiété et des tensions relationnelles.

La personne méfiante éprouve le besoin d’être sur ses gardes. Elle gère mal les émotions que suscitent en elle les évènements. Bon nombre de croyances  conduisent à une image de soi dévalorisante. Cette faible estime de soi contribue à cristalliser ce comportement de protection vis-à-vis des autres.

Un mécanisme de protection épuisant

La méfiance est alors une sorte de lutte quasi continue en soi. Inconsciemment, elle est aussi projetée dans la relation à l’autre. Loin de satisfaire un besoin de sécurité, ce mécanisme alimente le sentiment d’insécurité. Il est provoqué par une recherche démesurée de preuves d’abus, de méchanceté, de manipulation, de mensonges, etc.

La frontière est mince entre méfiance et paranoïa et pas toujours évidente à percevoir. Malgré tout, en observant les faits tels qu’ils sont, il est possible de discerner la vérité. Avez-vous des preuves valables justifiant votre méfiance?

Prenons l’exemple d’une femme qui a des doutes sur la fidélité de son partenaire. Étant séparé par un océan, elle peut avoir raison d’être prudente. Elle a besoin de temps pour mieux connaître l’autre. Par contre, si une sorte de jalousie s’installe sans raison, cela va nuire à la relation. Si presque tous les faits et gestes sont remis en question,  il y a davantage de risques d’obtenir un éloignement du conjoint. Ce manque de confiance risque aussi de créer elle-même la preuve justifiant sa méfiance.

Pire encore, cela peut même finir par pousser votre conjoint à agir de manière à vous donne raison. Après tout, c’est une façon comme une autre de provoquer la séparation et de mettre un terme à une jalousie étouffante.

La prudence, une bonne dose de méfiance

Autrement dit, la méfiance peut être à la fois un signe de prudence, de maturité, de désir de protection, que de manque de confiance en l’autre et en soi.

Elle peut aussi indiquer la nécessité de confronter vos peurs, de prendre conscience des situations où vous êtes anxieux, de mettre à jour des blessures non cicatrisées, de reconnaître le besoin de prendre plus son temps, de chercher des réponses à des questions légitimes et une plus grande sécurité.

Parfois, la méfiance est la solution. D’autres fois, elle maintient l’angoisse de l’inconnu. C’est une question de dosage et de pertinence compte tenu d’un contexte donné.

Du manque de confiance au lâcher-prise

En somme, si vous n’avez point besoin de faire preuve de prudence, alors la méfiance sera un obstacle au lâcher prise. Elle engendrera des angoisses irréalistes. Inutile donc de chercher à vous faire du mauvais sang pour ce que vous ne pouvez contrôler! Pour apprendre comment lâcher prise, lisez mon livre: L’art de lâcher prise, publié aux Editions Le Dauphin Blanc.

Apprenez plutôt à accepter que la sécurité absolue est une quête utopique et qu’un peu de mystère contribue à rehausser la saveur de la vie qui risquerait de devenir trop fade sinon.

Développez une nouvelle attitude, une souplesse, une plus grande assurance et ouvrir un espace à l’autre peut créer un réel climat de confiance. Faire quelques séances de coaching vous aidera à régler vos blessures du passé. Apprendre à s’auto valoriser et à interpréter avec plus de réalisme les comportements des autres sont autant de pistes de solutions à mettre en place pour parvenir à cultiver une plus grande confiance en soi-même et délaisser la méfiance.