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Être homosexuel n’a jamais été vraiment bien vu par La religion et faire son coming out provoque une grande angoisse. Elle a marqué les mentalités de plusieurs générations en inculquant une morale basée sur des notions de bien et de mal, de péchés et de vertus, de paradis et d’enfer etc.

Cette vision dualiste du monde a contribué, chez certaines personnes, à amplifier les dilemmes intérieurs et le tiraillement de désirs jugés inappropriés, notamment pour l’orientation sexuelle.

Être homosexuel, une maladie?

Nombreux sont ceux et celles qui sous la pression sociale et religieuse, ont tenté de se conformer à un moule des comportements sexuels acceptables. On refoule alors ceux jugés comme tabous, cristallisant ainsi l’individu dans une tension enfouie, diffuse.

Cette conformité supposée garante du bonheur exige en réalité un prix souvent bien trop élevé à payer et emprisonne dans un mal-être existentiel. Pourtant, ce n’est pas une maladie à cacher!

Faire son coming out: Chasser le naturel, il revient au galop!

Imaginons un homme qui refoule son attirance pour les hommes. Rien d’étonnant à ce qu’une des soupapes de sécurité l’amène souvent l’homme à vivre une double vie, comme il peut. L’important pour lui n’est pas d’admettre et d’assumer son désir refoulé. Il s’agit plutôt de soulager cette tension intérieure douloureuse tout en conservant l’image de soi longuement construite. Tel est le prix à payer pour répondre à la norme sociale.

L’essentiel pour l’homosexuel est de goûter à un certain bien-être tout en préservant une vie de famille construite en accord avec la promesse (religieuse) d’une existence heureuse et paisible.

Mais que vont penser les enfants? Et les amis que nous avons en commun? Et la belle famille? Et les collègues de travail? Avec le temps, le secret devient de plus en plus lourd à porter.

L’angoisse du coming-out

Une grande anxiété découle de ce tourbillon de questions. L’absence d’une nouvelle image de soi valorisante conduit souvent à explorer secrètement, un penchant homosexuel perçu comme négatif et dangereux.

Loin de contribuer à mieux assumer ce désir qui tiraille, les promenades dans le jardin interdit se font souvent à la sauvette. Un peu comme un adolescent sortirait malgré l’interdiction de ses parents, en sautant par la fenêtre. Faire son coming-out est tout simplement impossible, mais indispensable. L’amour ne saurait grandir dans l’ombre.

La préservation d’un anonymat essentiel se fait au détriment de la qualité affective des expériences sexuelles. Cela finit par créer une dose de culpabilité, de mal-être ressenti après chaque tentative d’explorer un penchant homosexuel.

Des sentiments douloureux qui isolent

Cette confusion des sentiments forme des embûches parfois redoutables pour conserver son goût de vivre. Cela confirme à l’homosexuel torturé par ses désirs qu’il y a là quelque chose de honteux, de pathologique. Il croit qu’il a parfaitement raison de garder cela secret. Or, c’est tout le contraire qui se produit.

Ce poids du non-dit, cette non-affirmation de ce qui est réellement aimé, revient à signifier que l’amour de soi est brisé, dévalorisé, étouffé. Non content de vivre cette différence avec la conviction d’être isolé et seul, les rencontres sans lendemain emprisonnent un peu plus encore l’homme à se sentir couper des autres. Le coming out semble impossible à faire, alors que c’est la solution. C’est la preuve que l’on s’aime tel que l’on est.

S’accepter progressivement

Le chemin a parcourir pour s’assumer reflétera souvent le temps nécessaire pour apprivoiser ce désir. Cela permettra de parvenir à l’accepter, comme une partie de soi. Elle a, au même titre que les autres, le droit d’exister et constitue un élément important au bonheur.

L’homme en pleine redéfinition de lui-même découvrira alors qu’il peut, s’il se le permet, vivre en accord avec ses goûts. Rien de honteux à être homosexuel. La question du choix est donc délicate. Choisir, c’est affirmer un désir.

Retrouver le plaisir de vivre

En fait, la perte du goût de vivre qui peut résulter de ce genre de conflit intérieur est tout aussi inconfortable que salutaire. Je veux dire par là que cela montre ce que la personne soupèse dans la balance et ce qu’elle doit choisir. Le plateau de gauche correspond à tout ce qui est connu (sécurité, habitudes, confort financier, etc.). Dans l’autre plateau se trouve le goût de vivre quelque chose de nouveau et d’inconnu.

Il est souvent difficile de pouvoir choisir ce qui pèse le plus. La décision oscille entre les deux plateaux. Le juge tente de prévoir les conséquences qu’il ne peut tout au plus imaginer. Difficile de prendre une décision qui a du sens, car il s’agit de choisir un chemin qui a du cœur.

Ainsi, l’homme homosexuel en recherche de sa nouvelle identité hésitera entre ces deux types d’alternatives, jusqu’à ce qu’il parvienne à faire son coming out.

 

Communiquer avec Laurent Lacherez